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Culture : le Niger abritera en Mars prochain un festival de films court métrage 

Le Niger va abriter «  un festival de films courts métrage en Mars de cette année », a annoncé,  ce samedi 2 février, l’attachée de presse de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique au Niger. Mme Cynthia Faby qui est également la directrice du centre culturel américain à Niamey a annoncé ce festival qui sera parrainé par son ambassade lors d’une cérémonie de clôture d’un atelier de formation en prod…

NITA Actu Niger 3 min

L’entreprenariat agricole : un secteur émergent au Niger

Sahel Délice pour Site

L’entreprenariat agricole a du vent en poupe au Niger. L’émergence de ce secteur s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs favorables, parmi lesquels, on note la compétitivité et le dynamisme des entreprises elles-mêmes, l’existence d’un cadre juridique et institutionnel adéquat, le concours des services spécialisés en appuis techniques et de financements ainsi que les innovations technologiques dans le domaine. (Reportage).

Si l’entreprenariat agricole nigérien connait une émergence, c’est sans nul doute, parce qu’il a des porteurs de projets, des entreprises innovantes et compétitives dans le pays.

                     Des exemples d’entreprises innovantes

Niamey, quartier Koira Kano. C’est de ce quartier résidentiel de la capitale que nous vient un bel exemple d’une jeune entreprise qui s’affirme dans le domaine du business agricole (agro-business). ‘’Sahel Délices’’, c’est son nom. C’est une jeune entreprise qui évolue depuis mars 2015 dans la transformation agro-alimentaire avec comme spécialité la transformation des produits issus de l’agriculture et de la flore locale en produits alimentaires, notamment en jus, tisane, confiture, farine infantile…

Cette entreprise est l’œuvre de Mme BACHIR Rockya.

La jeune femme a commencé ses activités avec la mise en valeur de divers produits agricoles comme, le tamarin, le pain de singe, les fleurs d’oseille (appelées communément ‘’bissap’’) et divers fruits avec lesquels elle produit des jus.

Aujourd’hui la société a atteint le stade de la production semi-industrielle. Grâce à la croissance de sa production, l’entreprise approvisionne beaucoup d’établissements commerciaux de Niamey. C’est le cas du Grand Hôtel de Niamey, le restaurant ‘’le Rônier’’ et le magasin ‘’Baklini’’.

Pour rendre plus accessibles ses produits, Sahel Délices vient d’ouvrir une boutique au quartier Yantala où tous ses produits sont disponibles, de même que d’autres produits issus de nombreuses entreprises agro-alimentaires du Niger.

De sa création à la date d’aujourd’hui, la société enregistre continuellement une croissance de ses chiffres d’affaires.

« Nous avons démarré avec 1.500.000 fcfa comme fond initial, en 2015. A partir de 2016 déjà, nos chiffres d’affaires se sont multipliés par 4, (soit une capacité de 6 millions fcfa - ndlr). En 2017, nous avons connu une évolution d’environ 40% par rapport à 2017 » nous a confié la Mme Bachir Rockya.

« Cela prouve que c’est un secteur prometteur, un secteur qui nourrit son homme » a –t- elle commenté.

Rocky est très fière de son métier, car selon elle, cette activité contribue fortement à l’économie nationale.

« A titre d’exemple nous utilisons le bissap pour faire des jus et de la confiture. Si vous partez dans la Région de Dosso, ces sont les femmes qui le cultivent. Ça revient à dire que, fabriquer d’une part, et consommer d’autre part, des produits à base de cette matière, c’est contribuer directement à l’économie nationale, c’est participer à la lutte contre la pauvreté surtout des femmes et concourir à la création de l’emploi direct ou indirect. Ce sont là des exemples d’impacts que ce secteur a sur l’économie » a martelé la Directrice générale de Sahel Délices.

Le secteur du business agricole émerge grâce à l’esprit innovateur et compétitif des acteurs du secteur. Il existe de nos jours beaucoup de ces entreprises qui ne se contentent pas seulement de la transformation, mieux, elles cultivent, transforment et commercialisent leurs propres produits.

C’est le cas de la ferme d’exploitation de spiruline du scientifique Albert Wright.

C’est dans son vaste jardin à la rive droite du fleuve Niger, dans la commune 5 de Niamey, que ce spécialiste de l’énergie solaire a installé son exploitation de ce produit considéré par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme le meilleur aliment au monde.

Le produit n’est pas certes bien connu du grand public nigérien, mais ses vertus sont multiples.

La spiruline est, en effet, une micro-algue d'eau douce qui fait partie de la famille des cyanobactéries ou algues bleu-vert. Elle pousse de façon naturelle dans les eaux chaudes des lacs, comme le Lac Tchad, en Inde et au Mexique. Selon plusieurs scientifiques, elle est un concentré de bêta-carotène, en fer, en vitamine B12, en vitamine E (puissant antioxydant), en protéines, en minéraux et oligo-éléments (calcium, phosphore, magnésium, zinc, cuivre). Elle contient aussi de la chlorophylle et de la phycocyanine, un pigment aux vertus anti oxydantes. C’est cet aliment très nutritif qu’ambitionne de mettre sur le marché alimentaire de ses concitoyens, l’ancien ministre de la réconciliation nationale du Niger.

Avec un investissement d’environ 30 millions de francs CFA, M. Right veut créer une entreprise commerciale qui aidera à lutter contre la malnutrition au Niger.

L’exploitation comporte 4 bassins, totalisant un espace de 250m2; une chambre de presse (où le produit frais sera pressé après cueillette), un séchoir à base solaire, un laboratoire pour étudier la qualité du produit avant son paquetage et une chambre de mise en sachet (paquetage).

Selon l’initiateur, cette entreprise a une capacité de production de 625 kg de spiruline par an. Sur le marché mondiale, explique- t- il, le prix du kilogramme est d’environ 30. 000 f cfa. Ce qui lui fait espérer un chiffre d’affaire annuel d’environ 18. 750. 000 par an avec la vente de ce produit.

Outre les chiffres de vente de la spiruline, le système de séchage qu’il lui-même créé, pourrait aussi générer des retombées économiques. Alimenté par une capacité d’environ 14 KW, le séchoir est capable de sécher 100kg de produits frais par jour. M. Wright ambitionne d’offrir des prestations de séchage aux personnes qui désirent faire sécher des produits frais. Ce qui pourrait bien booster les retombées de son entreprise.

Des appuis techniques et financiers

Aussi, l’émergence de ce secteur est quelque part, propulsée par le concours des institutions spécialisées dans l’accompagnement, c’est-à-dire dans le financement et les appuis techniques. Ces institutions sont soit gouvernementales, privées ou de partenaires techniques et financiers de l’Etat.

Le Centre Incubateur des Petites et Moyennes Entreprises du Niger (CIPMEN) en est un exemple illustratif.

Le CIPMEN est une institution créée par l’Etat du Niger avec le concours des partenaires techniques et financiers et qui vise à accompagner des jeunes porteurs de projets d’entreprise.

Selon M. Bello, responsable du service ‘’ Développement Agricole’’ dudit centre, la mission de son service consiste à identifier des porteurs de projet dans ce sous-secteur, à leur trouver des hébergements, à leur fournir des renforcements de capacités techniques, les aider dans la recherche de financements et des partenaires. A la date d’aujourd’hui, explique- t- il, le CIPMEN a aidé 6 entreprises qui œuvrent dans l’agro-business, dont Sahel Délice.

Toute chose que confirme la Directrice de cette dernière. Selon, Mme Rocky, Sahel Délices a bénéficié de son premier financement grâce à au Centre Incubateur des Petites et Moyens Entreprises au Niger (CIPMEN) qui lui a facilité l’acquisition.

« Avec ce financement, je me suis dotée d’un moyen de transports pour la livraison des produits, également d’une machine de transformation.   Nous sommes en incubation depuis 2016 et nous y seront jusqu’à l’année prochaine, soit trois ans Incha Allah » a fait savoir Mme Rocky.

Plusieurs autres cadres institutionnels concourent à l’essor de ce secteur. C’est le cas de l’organisation ‘’AgriProFocus’’ qui est une plate-forme rassemblant des professionnels l’agriculture, dont des entreprises, des organisations de la société civile, des instituts de recherche et des gouvernements pour l´atteinte de la sécurité alimentaire. Sous sa conduite, ces différents acteurs travaillent en synergie pour identifier des défis communs, trouver des solutions communes et créer plus d’impacts afin d’apporter un changement socio-économique durable à travers l’agriculture.

Du côté de l’Etat, on enregistre toute une panoplie d’acteurs participant à l’émergence du secteur de l’entreprenariat agricole. La Maison de l’Entreprise fait partie de ces outils étatiques à d’accompagnement des entreprises.

La Maison de l’Entreprise appui le secteur de l’agriculture à travers le Fonds à Couts Partagés (FCP), qui est un dispositif public d’incitation à l’investissement privé et au développement des entreprises.

Le Fonds a affectivement démarré ses activités en 2017. Les ressources du Fonds proviennent de l’Etat nigérien et des partenaires techniques et financiers, notamment la Coopération Danoise à travers le Programme de Promotion de l’Emploi et de la Croissance Economique dans l’Agriculture (PECEA) et la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui à la Compétitivité et à la Croissance (PRACC).

Les entreprises ciblées sont celles qui opèrent dans les filières végétales et animales et les entreprises locales fournisseurs des grandes entreprises de l’industrie extractive et manufacturière. Ces entreprises ainsi que leurs organisations professionnelles sont prises en charge à travers le Guichet 1 de la Maison de l’Entreprise.

Les sous-secteurs agricoles que le fond accompagne sont : la filière bétail/viande, celle du poivron, la filière de niébé, la fillière de l’arachide, la filière de volaille, ainsi que celle de bétail. Le fond soutient des entreprises de ses secteurs sur toute l’étendue du territoire national, mais l’essentiel d’entre elles sont localisées dans les régions de Diffa et Zinder.

L’innovation technologique au rendez-vous

Aussi, l’émergence de ce secteur est-elle promue par les innovations technologiques créées par des start-ups qui tiennent compte de la réalité de l’agriculture nigérienne.

C’est le cas de la ‘’Télé-Irrigation’’. Cette solution développée par Abdou Maman, un jeune informaticien nigérien, permet aux paysans d’irriguer leurs champs à distance avec un simple téléphone portable qui déclenche le dispositif d’irrigation alimenté par un cours d’eau. Pour pallier au problème d’électricité récurrent au Niger, l’application peut utiliser l’énergie solaire ou éolienne. Cette invention a été plusieurs fois primée à l’échelle internationale. A titre d’exemple, elle a remporté le 1er Prix de la 1ère édition du concours de l'Entrepreneur Social en Afrique organisé par France Télécom Orange.

Un autre bel exemple de technologie conçue pour le développement de l’agriculture nigérienne, ce sont aussi les drones de prise d’images aériennes conçus par le jeune nigérien Abdoul-Aziz Kountché. Ces appareils sont beaucoup utilisés, ces dernières années, dans les grandes exploitations agricoles du pays. Ils permettent d’avoir une vue d’ensemble des exploitations, de voir l’évolution des plantations et de détecter les ennemis de cultures.

Mahamane Sabo Bachir