samedi 23 octobre 2021

Interview : « La protection civile a pour objet la prévention des risques de toute nature… », Directeur générale de la protection civile du Niger, le Colonel-major Boubacar Bako

afriqueperspectives.com - Bonjour Monsieur le Directeur Général. La saison pluvieuse au Niger rime avec des inondations. Comment la DGPC fait face au défi de la protection des civiles dans ce contexte ?

DGPC- La protection civile a pour objet la prévention des risques de toute nature, l'information et l'alerte des populations ainsi que la protection des personnes, des biens et de l'environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes par la préparation et la mise en œuvre de mesures et de moyens appropriés.

Elle concourt à la protection générale des populations, en lien avec la sécurité intérieure et avec la défense civile dans les conditions prévues par la législation en vigueur.

La Direction Générale de la Protection Civile assure des missions de prévention des risques et catastrophes, celle de la préparation de l’alerte et de la gestion des catastrophes. Pour ce faire elle dispose de neuf (9) directions techniques nationales et des services déconcentrés. La DGPC a développé une capacité de coordination des entités opérationnelles déployées sur toute l’étendue du territoire national. Elle met en œuvre une planification des urgences face aux situations de catastrophes naturelles et anthropiques par des acteurs territoriaux sous la coordination des responsables de ses services déconcentrés et sous le contrôle des autorités administratives.

Pour ce faire la DGPC utilise les nouvelles technologies de l’information et de la communication (serveurs, tablettes, fibre optique et drones).

afriqueperspectives.com - De quels moyens disposez-vous pour protéger les civiles nigériens sur toute l’étendue du territoire national ? Ces moyens, sont-ils de taille pour faire face à la situation ?

DGPC- La Direction Générale de la Protection Civile dispose du Groupement National de Sapeur-Pompier et bientôt de la Brigade des Sapeurs-Pompiers Professionnels. Le maillage de ces corps, leur matériel et l’implantation des services déconcentrés de la protection civile permettent une bonne couverture du territoire.

Le pays est vaste ainsi le délai d’intervention est souvent allongé du fait des distances qui sont longues entre certaines localités et nos postions. Aussi nous veillons à ce que les positions voisines couvrent les zones où nous ne sommes pas encore présents de manière permanente. Par exemple avec la position de Téra nous couvrons les départements de Gothèye et de Bankilaré où nous n’avons pas d’unités.

Mais grâce à l’engagement des plus hautes autorités nous sommes lancés dans une dynamique pour résorber ces insuffisances, à travers la construction en cours de nouvelles casernes de pompiers et la création de la Brigade des Sapeurs-Pompiers Professionnels.   

afriqueperspectives.com-  La DGPC fournit des statistiques presqu’en temps réel concernant ces catastrophes ? Comment se fait la collecte, le traitement et la diffusion de ces données ?

DGPC- Oui, grâce à nos positionnements, la réactivité, la promptitude et à l’abnégation de nos personnels particulièrement les sapeurs-pompiers déployés sur le terrain nous avons acquis la capacité de fournir des statistiques en temps quasi réel de la situation des catastrophes notamment les inondations.

Je profit pour adresser mes encouragements à ce personnel qui en tout temps et en tout lieu, peu importe l’insuffisance des moyens se déploie à la moindre alerte.

Pour ce qui est de la collecte de données, elle se fait à travers des cellules départementales d’évaluation de catastrophes (CDEC) qui sont des structures pluridisciplinaires regroupant les services techniques déconcentrés. Elles sont rattachées à la DGPC et ont pour mission exclusive l’évaluation des pertes en vies humaines et des dégâts sur les biens et l’environnement suite aux catastrophes. Elles sont sous l’autorité du préfet et mises à la disposition des communes sinistrées par ce dernier.

L’évaluation qu’ils mènent se fait au moyen de fiches papiers mais aussi de tablettes sur lesquelles elles enregistrent les personnes sinistrées et renseignent sur leur situation à travers le logiciel KOBO TOOLBOX qui transmet la situation en temps réel sur notre serveur.

La situation nationale consolidée au quotidien par la DGPC, fait l’objet d’un compte rendu au Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation qui est l’autorité légalement habileté à constater l’état de catastrophe naturelle suivant l’article 5 de la loi No2017-06 du 31 mars 2017 déterminant les principes fondamentaux de l’organisation de la protection civile. Cette situation est également transmise au Cabinet du Premier Ministre et au Ministère de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes.

afriqueperspectives.com- Dans le cadre de la protection des populations, on voit également les sapeurs-pompiers à l’œuvre. Comment se fait la coordination entre les deux corps ? Et quelle est la différence entre les deux ?

DGPC- Les missions de protection civile sont assurées par les sapeurs-pompiers, les militaires des unités qui en sont investis à titre permanent ainsi que les personnels des services de l'Etat.

Au Niger le cadre juridique met les sapeurs-pompiers à la disposition de la protection civile. Ainsi ces derniers assurent des missions d’incendie et de secours et celle de la gestion des catastrophes pour le compte de la DGPC. Les sapeurs-pompiers sont constitués par le Groupement National des Sapeurs-Pompiers relevant du Ministère de la Défense Nationale et un corps, en cours de mise en place par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation pour renforcer la DGPC. Ainsi la Brigade de sapeurs-pompiers professionnels est un corps paramilitaire créé pour compléter le maillage territorial des services de protection civile. La coordination des deux entités opérationnelles est assurée par la DGPC qui est chargée de la mise en œuvre de la politique nationale de protection civile et qui assure la construction des infrastructures, l’acquisition des engins et autres équipements et la formation des unités des sapeurs-pompiers.

Concourent également à l'accomplissement des missions de protection civile les militaires des armées, de la Gendarmerie Nationale et la Garde Nationale du Niger, ainsi que les fonctionnaires de la Police Nationale, des Eaux et Forêts, de la Douane, et les agents de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements et organismes publics ou privés appelés à exercer des missions se rapportant à la protection des populations, et les membres des associations œuvrant dans le domaine de la protection civile.

afriqueperspectives.com- Quelles sont vos plus grandes difficultés dans le cadre de vos activités face aux inondations ?

DGPC- La principale difficulté c’est la méconnaissance du caractère transversal des missions des services de protection civile.

La méconnaissance de risques, l’incivisme face aux mesures de prévention qui sont de fois contraignantes. Le non respects du cadre juridique par tous les citoyens souvent par méconnaissance.

La seconde difficulté que nous sommes en train de surmonter grâce à l’engagement des plus hautes autorités, comme je l’ai dit précédemment, c’est l’extension de la présence de nos services dans chaque département du pays et à moyen et long termes dans les 266 communes du Niger. D’énormes efforts vont devoir être réalisés mais avec l’engagement de nos autorités, la détermination de la DGPC et l’appui de nos partenaires nous y arriverons. 

afriqueperspectives.com- Parlez-nous également de vos  partenariats.

DGPC- Avec les partenaires nationaux nous travaillons et nous échangeons beaucoup et cela passe par la maîtrise de la règlementation, autrement dit du cadre juridique qui est afférent à nos activités.

Quant aux partenaires non étatiques, notamment les organismes internationaux, ils nous apportent beaucoup. Je dirai plutôt qu’ils nous facilitent beaucoup de tâches à travers, notamment le renforcement de capacités techniques et matérielles. Je vais d’ailleurs profiter pour leur adresser nos remerciements pour les multiples appuis qu’ils nous apportent. Ils sont nombreux et je ne pourrai pas les citer avec exhaustivité.   

L’organisation Internationale de la Protection Civile, l’Unicef, la FAO, l’Organisation Internationale pour les Migrations, le Projet de Gestion des Risques de Catastrophe et de Développement Urbain, les protection civiles sœurs, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires, l’ECHO, l’AFD, la Banque Mondiale, la Croix Rouge Nigérienne….

 Propos recueillis par Mahamane Manzo

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