dimanche 28 novembre 2021

Niger: Déchets de la canne à sucre, un trésor à valoriser

C’est bien connu : la canne à sucre donne du….sucre, mais aussi des déchets. Avec 15 à 25 camions de canne à sucre qui rentrent quotidiennement dans la capitale, Niamey croule littéralement sous les déchets (pas uniquement de canne à sucre). « Plus de 18 mètres cubes d’ordures sont générés quotidiennement par la canne à sucre rien qu’au niveau du seul marché de Boukoki I qui constitue l’épicentre de diffusion de cette denrée », pointe Moussa Garba, Directeur de l’hygiène et assainissement de la ville de Niamey.

Montagnes de déchets qui doivent empêcher à maints responsables municipaux de trouver le sommeil, si on les compare aux déchets générés par les 200 000 tonnes annuelles de canne à sucre produites et consommée directement par les Nigériens. Et ce ne sont pas les timides mesures prises par la municipalité pour sensibiliser les vendeurs et les consommateurs qui changeront quelque chose. Souvent déversées dans la nature. L’abondance et la forte charge polluante des vinasses posent des problèmes environnementaux dantesques.

La gestion de ces déchets s’avère d’autant plus compliquée que chaque catégorie de déchets nécessite son traitement propre et que le pays ne dispose pas de centres de retraitement spécialisés de déchets.

Que faire alors ?

Chaque tas d’ordures est une mine d’or pour ceux qui savent se donner la peine. En effet, les résidus de la canne à sucre, comme la mélasse et bagasse constituent des déchets organiques qui, sous d’autres cieux, font l’objet d’une valorisation énergétique. Par exemple, la mélasse, résidu liquide obtenu après extraction du sucre du jus de la canne, est fermentée et distillée pour produire des produits pharmaceutiques ou de l’éthanol, qui mélangé à l’essence donne un biocarburant. Quant à la bagasse, c’est-à-dire  le résidu fibreux de la canne à sucre une fois le jus extrait,  sa valorisation est multiple. Elle peut être brûlée pour fournir de l’électricité, recyclée en récipients alimentaires ou en matériaux de construction. C'est aussi une matière première de substitution à la pâte à papier issue de la fibre de bois. Il faut 100 tonnes de bagasse pour produire une tonne de papier contre 4 tonnes de bois (2 tonnes de bois sec) pour fabriquer une tonne de pâte à papier. De plus, biodégradable et recyclable à 100%, la canne à sucre est une matière première qui se renouvelle plus vite que la forêt. Pour la petite histoire, il convient de souligner qu’une tonne de canne à sucre donne 100 à 150 kg de sucre ou 100 litres d’éthanol carburant, 310 kg de bagasse (résidu fibreux de l’après broyage à l’usine) fournissant 130 kWh d’électricité.

Comme pour apporter de l’eau au moulin de la future industrie sucrière que l’Etat tente à nouveau de mettre en marche, la transformation de la bagasse et autres résidus issus de la canne à sucre pourrait augmenter la part de l’offre des énergies renouvelables dans la politique de mix énergétique mise sur pied. De surcroit, il s’agit-là d’une initiative en cohérence avec la politique nationale de valorisation des produits dérivés de l’agriculture qui présente un double enjeu : fournir davantage d’électricité au pays et mettre à la disposition des agriculteurs des engrais de bonne qualité, tout en contribuant à la protection de l’environnement. Décidément la canne à sucre est un véritable trésor vert qui n’a pas fini de révéler ses atouts.

Alhadji Amadou Abdou

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