samedi 23 octobre 2021

La protection de l’enfant et de la femme fait partie des priorités majeures des autorités nigériennes. Porter assistance à ces couches sociales très vulnérables, c’est la mission que s’est assignée l’ong « aide aux talibés et aux femmes en exode » (ATFE- Tcheton Almajirai). Créée il y a un peu plus d’un an, cette jeune organisation  se bat pour  à la réduction  de la discrimination  et de la marginalisation  des enfants abandonnés, les talibés et les femmes en exode.

 

C’est un nouvel espoir qui est né pour les femmes en exode et les  enfants de la rue, principalement les talibés avec la création de cette structure.

De façon spécifique, explique sa Présidente, Mme Aicha Yahaya, alias Nikira, l’ONG vise à enrayer le phénomène de la mendicité des jeunes en milieu  rural, créer des « écoles passerelles  ou des écoles de seconde chance » au profit des jeunes  des milieux ruraux déscolarisés, ou encore à offrir aux jeunes talibés des opportunités de poursuivre  leur école coranique dans les bonnes conditions.

Elle ambitionne également de créer des opportunités de formations aux métiers  manuels et d’emplois « décents » pour les jeunes femmes en exode, mais aussi d’apporter des soutiens médicaux, psychosociaux et juridiques aux enfants abandonnés, aux talibés et aux femmes en exode.

L’organisation caritative  a vu le jour après analyse de la situation socioéconomique et démographique du Niger.

 Du constat de ces derniers, la population du Niger, aujourd’hui estimée à plus de 23 millions d’habitants avec un taux de croissance démographique de 3,9% par an, est majoritairement jeune. Les enfants de moins de 15 ans représentent 51,7%. Cette population est aussi majoritairement rurale (80%), vivant essentiellement  du secteur  primaire (agriculture et élevage), lequel est tributaire  des variations climatique auxquelles le pays est confronté.

« Devant la rigueur de la vie en milieu rural et l’absence d’opportunités d’emploi à la fin des travaux champêtres, les femmes comme les enfants  quittent en masse leurs terroirs en directions des grandes villes du pays ou de la sous-région dans la quête d’un mieux-être », explique la Président de l’organisation.

« Une fois dans les villes, les enfants sont souvent exposés  à des nombreuses tentations néfastes (drogues, alcool, prostitution, viol, etc.), et constituent les enfants de la rue, même si d’autres  s’adonnent à des activités honnêtes.

Quant aux jeunes femmes en exode,  elles sont nombreuses à travailler  comme femmes de ménage, gardes d’enfants, vendeuses de nourritures etc. Cependant certaines suivent des chemins de travers  et s’adonnent à la prostitution, la consommation de drogue et/ou d’alcool, etc. si elles ne s’acoquinent pas avec des bandits organisés », a-t-elle ajouté.

C’est donc pour protéger ces couches vulnérables de la société que cette ONG veut conjuguer ses  efforts à ceux de l’Etat et des autres partenaires.

Pour ainsi agir avec efficacité,  L’ong  ATFE «Tcheton Almajirai » prévoit la création des trois (3) commissions techniques.

La première commission est celle qui va s’occuper de la réinsertion sociale des talibés, des enfants abandonnés  et les femmes en exode. Son rôle est d’élaborer et mettre en œuvre des projets de lutte contre l’errance des enfants de la rue, l’appui aux talibés  et femmes en exodes par l’apprentissage des métiers manuels (mécanique, menuiserie, maçonnerie… ) des enfants de la rue.  Elle est également chargée de la création d’Ecoles Passerelles ou Ecoles de la Seconde Chance au profit des enfants de la rue déscolarisés ; l’appui à la création d’activités génératrices de revenus ou encore la sensibilisation  et appui aux ‘’Maitres Coraniques’’ appelés Marabouts.

La seconde commission est celle qui s’occupe des droits des enfants. Elle chargée d’élaborer des projets et de mettre en œuvre des stratégies de défense des droits de l’enfant, notamment la lutte contre la  maltraitance  et le travail des enfants et la prise en charge (médicale, psychosociale, etc.) d’enfant victimes de sévices sexuels.

Quant à la troisième commission, elle a comme cahier de charge la lutte contre la malnutrition  et les urgences humanitaires. Elle est chargée  d’élaborer des projets sur la prévention, le dépistage et la prise en charge de la malnutrition et des interventions en urgences humanitaires au profit des femmes et enfants en détresse.

 

Bachir Manzo

 

 

Au Grand marché de Lomé, les togolais ne détiennent pas le monopole des activités commerciales. Les nigériens y sont aussi pour les plus visibles et actifs. Notre rédaction est allée à leur rencontre.

La chaleur est intense, le soleil bat encore son trop plein ce samedi-là quand nous apercevons aux alentours de la « pharmacie du Grand marché », un jeune vendeur ambulant de ceintures  prénommé Mohamed. Mine serré,  sueur au front, marchandises à la main, le jeune nigérien, la vingtaine,  essaie de convaincre ses potentiels clients. Déscolarisé dès son plus jeune âge, il est venu fraichement du Niger pour « se chercher » au Togo.

A l’instar de Mohamed, ils sont nombreux des commerçants et vendeurs nigériens résidant généralement au Togo, à prendre d’assaut chaque jour le grand marché de Lomé, l’un des plus grands centres commerciales de la sous-région. Communément appelé « marché d‘Adawlato »,  le grand marché de Lomé est en effet connu  dans la sous-région pour ses « nana benz »,  ces vaillantes femmes d’affaire qui ont marqué le Togo par leurs histoires extraordinaires de succès. Mêlant couleurs, saveurs et senteurs, le marché d’Adawlato s’anime bruyamment  tous les jours sauf dimanche. Véritable lieu de rendez-vous entre vendeurs et acheteurs, on y découvre toutes sortes de produits. Les activités s'étendent même hors de ses murs,  et jusque dans les rues voisines. Comme souligné plus haut, les commerces sont non seulement détenus par les togolais mais aussi les étrangers dont les nigériens.

Que ce soit dans le domaine de la vente en gros ou en détails, ces derniers s’illustrent activement. On peut tout trouver chez eux : habits, bijoux, friperies, sacs à main, valises, ceintures, tissus, alimentation générale,  appareils électro-ménagers etc. Si certains sont détenteurs de boutiques, d’autres sont des vendeurs ambulants. Ces derniers semblent d’ailleurs être les plus nombreux.

Communément appelé « médida » ou « zamanama », ces commerçants nigériens font valablement partie des acteurs qui font tourner le Grand marché de Lomé.

Rencontré dans sa boutique, Ibrahim qui vend au grand marché de Lomé depuis plus de 20 ans, nous parle de son commerce : « Je suis commerçant au grand marché de Lomé depuis 1994. Je vends des tricots, des T-shirt et pantalons. Je vais en Chine au moins une fois tous les deux mois pour acheter les marchandises. Je vends en gros et en détails. Ici, vous allez trouver tous les habits en vogue. Quand ils sont entrain de démoder, nous les liquidons à bas prix pour ne pas tomber en faillite. Sinon, j’arrive quand même à m’en sortir », a affirmé Ibrahim.

A quelques mètres de chez Ibrahim, figure le magazin de Issa. Une grande échoppe de vente de tissus. Peu bavard, Issa non plus ne se plaint pas trop. «  Globalement ça marche même si parfois, on perd», a-t-il affirmé.

La mévente, comme principal difficulté ces derniers temps

Si autrefois, les activités commerciales allaient relativement bien, ces derniers temps, elles  tournent au ralenti. A l’origine, l’augmentation sans cesse des frais douaniers, les rackets et le faible pouvoir d’achat des togolais, selon les témoignages recueillis ici et là.

« Avant, des béninois, ghanéens et nigérians venaient  nombreux se ravitailler ici. Maintenant avec les augmentations des frais au niveau de la douane et la corruption de certains agents, ils ne viennent que rarement. Or la population togolaise ne consomme pas assez, faute de moyens », déplore Hamadou, un commerçant.

Un avis partagé par son compatriote Fousseni, vendeur ambulant de friperies: « les gens n’achètent pas. Quand, un client s’approche de toi, tu es obligé de le prier pendant des minutes avant qu’il n’achète un seul habit. J’avoue qu’il n’y a plus de marché.», a-t-il regretté, avant  d’ajouter que «  autrefois quand je prends 30 000 F CFA j’achète une centaine d’habits que je revend autour de 80 000 F CFA, après deux ou trois jours. Maintenant,  c’est avec 100 000 F CFA que j’achète le même stock d’habits mais je fais une semaine sans les vendre ».

Par ailleurs, d’autres commerçants  pointent du doigt les incendies criminels qui avaient en 2012 détruit le grand marché de Lomé.  En effet dans la nuit du 11 au 12  janvier 2012, le bâtiment principal du grand marché de Lomé a pris feu, 48 heures après celui du marché de Kara située au Nord du pays. Ces incendies qualifiés de « criminel » par le gouvernement  avaient non seulement détruit toute l’économie togolaise mais aussi ruiné profondément les commerçants des deux marchés affectés. « Depuis les incendies jusqu’à ce jour,  notre situation s’est vraiment empirée. Il y a beaucoup de nos compatriotes dont les magasins ont été brulés. Certains sont même retournés au pays, après cet incident », a témoigné Fousseni.

La cohabitation parfois difficile avec les togolais

Certains vendeurs ambulants nigériens déplorent le manque d’hostilité de certains commerçants togolais. « Si nous nous arrêtons parfois  devant les boutiques ou étalages des togolais pour servir un client, ils nous chassent systématiquement. Mais quand il s’agit des boutiques des sénégalais, maliens ou nigérians, ces derniers loin de nous renvoyer, nous aident à mieux servir le client », a relevé Zarma.

Un comportement tout de même déplorable. Les togolais sont donc interpellés à être plus courtois avec ces vendeurs et commerçants étrangers qui participent activement à l’essor de l’économie togolaise. En outre, les autorités doivent également jouer leur  partition pour d’une part réduire  les taxes douanières et d’autre part éviter la corruption au niveau des frontières en vue de faciliter les activités commerciales dans le pays.

Hélène Doubidji

Afrique Perspectives, Lomé-Togo

Les musulmans du Niger ont entamé le jeûne du mois de Ramadan ce jour, Mardi 13 Avril 2021.

Le coup d’envoi a été donné la veille par le Conseil Islamique du Niger (CIN) réuni en session ordinaire. Le conseil a indiqué que le croissant lunaire a été observé dans plusieurs localités du pays.

Du côté des autorités, c’est le Premier Ministre Ouhoumoudou  Mahamadou s’est adressé à la Nation au nom du Président de la République Bazoum Mohamed.

 Le Chef du Gouvernement a souhaité aux nigériens  « une bonne observance et un  bon déroulement de ce troisième pilier de l’Islam » et les a appelés à « multiplier les invocations, les bonnes actions et encourager le pardon mutuel » et à « prier pour le repos des âmes de nos martyrs ».

Ouhoumoudou Mahamadou a aussi lancé un appel aux commerçants  et distributeurs de produits  de premières nécessités à qui il a demandé « de bannir la pratique de hausse injustifiée des prix ».

Selon des sources médiatiques, ce sont environ 1 milliards 800 millions de fidèles qui observent le jeûne de ce mois bénie.

Bachir Manzo

 

« Des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir les violentes attaques dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, qui ont fait au moins huit morts, ont alerté vendredi des agences humanitaires de l’ONU », rapporte un communiqué de l’ONU, publié ce vendredi 16 Avril 2021..

 

Selon Babar Baloch, porte-parole de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cité dans le communiqué, « Les premiers rapports indiquent que huit personnes ont été tuées et une douzaine d’autres blessées ».

L’agence onusienne indique que près de 65.000 Nigérians se sont enfuies à la suite d’une série d’attaques menées par des groupes armés contre la ville de Damasak, dans l’État de Borno.

 

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), en moins d’une semaine, des incidents ont eu lieu les 10 et 11 avril, au cours desquels des biens humanitaires ont été pris pour cible. Lors de ces attaques, les organismes humanitaires ont déploré la destruction d’au moins cinq bureaux d’ONG et de plusieurs véhicules, d’une unité de stockage mobile, de réservoirs d’eau, d’un poste de santé et d’un centre de stabilisation nutritionnelle.

 

Une deuxième vague d’affrontements a ensuite eu lieu dans la soirée du 13 avril et à nouveau le 14 avril. À la suite de cette dernière attaque, la troisième en sept jours, jusqu’à 80% de la population de la ville - qui comprend la communauté locale et les personnes déplacées à l’intérieur du pays - a été contrainte de fuir.

Un poste de police, des maisons et des entrepôts d’agences humanitaires incendiés

 

« Les assaillants ont pillé et incendié des maisons privées, des entrepôts d’agences humanitaires, un poste de police, une clinique et un bureau de protection du HCR », a précisé M. Baloch. Parmi les personnes qui ont fui, figurent des Nigérians et des ressortissants du Niger vivant dans la région.

 

Alors que beaucoup ont fui vers Maiduguri, capitale de l’État de Borno, et vers la ville de Geidam dans l’État voisin de Yobe, d’autres ont traversé la frontière pour se réfugier dans la région de Diffa, au Niger voisin.

 

Cependant, en raison de l’insécurité, l’accès humanitaire est de plus en plus difficile dans de nombreuses régions de l’Etat de Borno, y compris pour le personnel du HCR, qui a été contraint de se déplacer temporairement hors de Damasak cette semaine. « Malgré ces difficultés, nous sommes prêts à aider les personnes nouvellement déplacées que nous pouvons atteindre », a fait valoir M. Baloch.

 

De son côté, OCHA continue de recevoir des rapports alarmants sur les conséquences humanitaires des affrontements entre les groupes d’insurgés et les forces armées nigérianes à Damasak et sur le fait que « des groupes armés non étatiques prennent pour cible les biens et installations humanitaires ». Et « récemment, ces groupes ont également procédé à des fouilles de maison en maison, à la recherche, semble-t-il, de civils identifiés comme des travailleurs humanitaires », a indiqué Jens Laerke, porte-parole d’OCHA, lors d’une conférence de presse à Genève,

Face à la détérioration de la situation sécuritaire, les opérations d’aide des Nations Unies et des ONG ont été suspendues depuis le dimanche 11 avril, et le personnel a été relocalisé. Les organismes humanitaires ont immédiatement déployé des missions d’évaluation pour identifier les besoins les plus urgents et adapter la réponse.

Plus largement, l’ONU a fermement condamné ces attaques et rappelé l’importance de ces opérations d’aide et les installations humanitaires, qui sont « une bouée de sauvetage pour les populations du nord-est du Nigéria, qui dépendent de l’aide pour survivre ». Selon OCHA, ces récentes attaques violentes affecteront l’aide apportée à près de 9.000 déplacés internes et à 76.000 personnes des communautés hôtes, qui dépendent de l’aide humanitaire.

Selon l’ONU, la violence dans le bassin du lac Tchad a déraciné 3,3 millions de personnes, dont plus de 300.000 réfugiés nigérians et quelque 2,2 millions de personnes déplacées dans le nord-est du Nigéria, notamment dans les États d’Adamawa, de Borno et de Yobe.

Bachir Manzo

(Source : ONU)

Page 4 sur 4

GRANDS DOSSIERS

CONTACTS

Siège

   Niamey, NIGER

Tél. 

   00227 99 99 99 99

E-mail

   contact@afriqueperspectives.com

REDACTION

Directeur de la Rédaction

   Mahamane Sabo Bachir

Directeur Commercial

   Mahamane Sabo Bachir

Webmaster

   Mahamane Sabo Bachir