dimanche 28 novembre 2021

Le Gouvernement du Niger et la société française Veolia sont en négociation en vue de la signature d’un nouveau contrat pour l’exploitation et la fourniture de l’eau potable au Niger par cette dernière, a appris www.afriqueperspectives.com.

Ces négociations interviennent au bout de 20 ans de coopération entre les deux parties dans le cadre d’un contrat ayant permis à Veolia d’exploiter et de distribuer de l’eau potable au Niger, à travers  sa firme SEEN ( société d’exploitation des eaux du Niger, dont l’Etat du Niger est aussi actionnaire minoritaire).

A l’issue d’une audience avec le Premier ministre du Niger, le mercredi 10 Novembre 2021, le directeur de la zone Afrique et Moyen-Orient de la société française Veolia, Philippe Bourdeaux a indiqué avoir évoqué avec l’autorité nigérienne « la pérennité du système du secteur de l’hydraulique au Niger et les renégociations en cours les contrats d’affermage pour la société d’exploitation des eaux du Niger (SEEN) avec le Gouvernement nigérien » 

« Le Premier ministre nous a laissé six (6) mois pour longer le contrat, de façons à définir des nouvelles modalités d’organisation du secteur de l’eau, assurer sa pérennité économique, et pour mettre en place les engagements  du Président de la République et du Gouvernement pour développer, une fois de plus, l’eau potable aux populations vivant dans les zones pastorales et dans les zones rurales », a, a ajouté M. Bourdeaux.

« Je puis assuré à son Excellence le Premier Ministre de l’engagement total de 715 salariés de la SEEN et de l’engagement du groupe Veolia derrière la SEEN pour satisfaire aux exigences et aux besoins du Gouvernement impulsés par SEM le Président de la République », a-t-il poursuivi .

Cette audience s’est tenue en présence du Ministre nigérien de l’hydraulique Adamou Mahaman. Il s’est aussi prononcé sur le contrat d’affermage avec la SEEN mis en œuvre depuis 2001.

 « Dans le cadre des nouvelles négociations, les plus autorités nous instruits et nous avons décidé de signer un avenant de six (6) mois pour permettre aux différents acteurs de négocier dans la sérénité,  mais aussi l’occasion pour nous d’évaluer les vingt (20) ans de partenariat avec notre firme, qui est la SEEN pour voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché pour que nous puissions tirer des conclusions et aller, sans doute, si les négociations le permettent, dans un nouveau contrat  sur la base d’un certain nombre d’objectifs que nous allons fixer », a déclaré l’officiel nigérien.

« De 2001 à aujourd’hui, l’Etat a énormément investi dans ce secteur. Ce sont 260 milliards qui ont été investis, dont 150 milliards pour la période 2011-2020. Ce qui n’est pas à négliger, d’où la nécessité pour nous de regarder ce contrat pour que nous puissions échanger et que nous puissions relire ce contrat pour aboutir, si le terme et les négociations les permettent, à un nouveau contrat en tenant compte des difficultés  que nous avons constatées aussi » pour atteindre objectif premier du Gouvernement nigérien qui était « d’avoir une structure financière autonome, capable  de fournir de l’eau en quantité et en qualité suffisante et à moindre coût pour les populations », a ajouté le membre du Gouvernement nigérien.

« L’Etat est actionnaire de la SEEN, même s’il est actionnaire minoritaire, nous allons échanger avec nos partenaires pour voir quelles sont les conditions pour améliorer aussi la Gouvernance et prendre en compte un certain nombre d’orientations de Son Excellence le Président de la République nous a données par rapport à ces négociations avec notre firme », a laissé entendre le ministre Adamou Mahaman.

 

 Mahamane Manzo

Au Niger, depuis quelques semaines, la situation de la pandémie de la Covid-19 bien qu’étant sous contrôle, demeure préoccupante, selon le Ministre de la santé publique, dans une communication qu’il a tenue au conseil des ministres de ce lundi 8 Octobre 2021.

«  En effet, le nombre de cas enregistrés au cours du mois d’octobre 2021 est passé du simple au double par rapport à celui du mois de septembre 2021, soit respectivement 167 et 345 cas », a souligné le Ministre Idi Ilassou Mainassara.

Selon lui, « le cumul des cas enregistrés pendant les deux dernières semaines d’octobre et la première semaine de novembre 2021 comparé à celui de la même période de 2020 est passé respectivement de 20 cas à 341 cas ».

« S’agissant des indicateurs, le taux d’attaque hebdomadaire de la Covid-19 connait un accroissement sensible les trois dernières semaines, passant de 0,35 à 0,61 cas pour 100 000 habitants », a-t-il ajouté.

Selon cette source, le Niger compte à la date du 07 novembre 2021, 6.511 nouveaux cas positifs notifiés ;   6.138 cas sortis guéris;  221 décès; 152 cas actifs et 36 patients en cours d’hospitalisation dont 8 en réanimation. Le nombre des cas en cours d’auto confinement est estimé à 395.

« En ce qui concerne la vaccination, un total de 744.907 personnes ont reçu une première dose, soit un taux de couverture de 7,30% et 455.961 personnes ont été complètement vaccinées, soit un taux de 4,47% », a-t-il indiqué.

Mahamane Manzo

25 enfants décédés et 14 blessés, dont 5 dans un état grave, c’est le bilan provisoire d’un incendie qui s’est déclaré  à l’école AFN de Maradi, ce lundi 8 novembre 2021 dans les environs de midi.

L’information est donnée par le ministre de l’éducation nationale dans une communication qu’il a présentée, le même jour, au conseil des ministres.

« Ce tragique évènement vient endeuiller une fois de plus le peuple nigérien en général et l’école nigérienne en particulier », commente le Gouvernement nigérien dans un communiqué à l’issue du conseil des ministres.

En conséquence, « le Conseil des Ministres décide de l’interdiction formelle des classes en paillotes au niveau du préscolaire sur toute l’étendue du territoire », selon le communiqué.

 « Par ailleurs, le gouvernement appelle la population à redoubler de vigilance et invite les  autorités administratives régionales à prendre les mesures qui s’imposent pour sécuriser les écoles », peut-on lire sur le texte.

Aussi, le Gouvernement réaffirme-t-il « sa volonté de poursuivre les réformes en matière d’éducation pour créer un environnement d’enseignement et d’apprentissage sécurisé et de qualité ».

En cette circonstance douloureuse, lit-on dans le texte,  « le Gouvernement présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Il exprime sa grande compassion aux familles des victimes ».

Mahamane Manzo

Le Gouvernement du Niger a décidé, lors du conseil des ministres tenu ce lundi 8 Novembre 2021,  de fermer ‘’immédiatement’’ le site informel d’extraction d’or de Kandamaoua dans la Commune rurale de Dan Issa (Région de Maradi).

 

 Cette décision du Gouvernement intervient 24 heures après la mort de 18 personnes sur le site, comme annoncé par la ministre des mines et son homologue de l’intérieur dans une communication conjointe qu’ils ont tenue au cours de la réunion du Gouvernement.

 « Le Conseil des Ministres, tout en déplorant cette situation, présente ses condoléances aux familles endeuillées », rapporte le communiqué.

 

« Il saisit cette occasion pour relever  que ce site présente des menaces concernant : la sécurité des personnes ; la fréquentation scolaire ; l’occupation des espaces champêtres; l’hygiène et la santé des populations; l’exploitation des femmes, des filles et des jeunes enfants », souligne le communiqué du Gouvernement.

« En outre, il faut souligner que ces activités anarchiques effectuées sur ce site ne génèrent que de faibles retombées économiques », ajoute le communiqué.

 

Le Gouvernement « a instruit le Gouverneur et les autorités locales de la région de Maradi pour prendre toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre effective de cette décision et la sécurisation des lieux », apprend-on du communiqué.

Mahamane Manzo

Depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid 19 au Niger, plusieurs rumeurs circulent notamment via les médias sociaux, remettant en cause les vaccins utilisés. Parmi ces rumeurs, il y a celles qui font croire que les vaccins ont des impacts négatifs sur les femmes enceintes, ainsi que sur les enfants qu’elles portent.

Face à ces allégations, le coordonnateur du programme de vaccination au bureau de l’OMS au Niger Dr Kaya Mutenda Sheria réagit.

« Il n’y a aucun danger vis-à-vis des femmes en enceintes et les femmes allaitantes. Il a été démontré que le vaccin contre la covid 19 peut être administré aux femmes enceintes et aux femmes allaitantes et y’a aucun danger, que ce soit sur le fœtus ou sur le nouveau-né », a-t-il déclaré.

« C’est un vaccin qui est administré pour protéger la mère et qui n’a pas d’effets et qui n’aura aucune répercutions négative sur le fœtus », a-t-il insisté.

« Tout ce qui est distribué dans les réseaux sociaux ne sont que des mensonges», a-t-il regretté, tout en se réjouissant que « grâce aux medias, ces rumeurs sont en train d’être combattues. Et de plus en plus, nous avons le désir de la population à la vaccination contre la covid 19 et les femmes enceintes peuvent être vacciné sans aucun problème ».

Parlant des différents vaccins administrés au Niger, ce spécialiste en vaccination indique que « pour le moment nous avons trois types de vaccins, à savoir : le sinopharm qui est administré à deux doses, l’Astrazeneca aussi à deux doses et Johnson & Johnson, qui est administré en une seule dose. Ils sont tous disponibles sur les sites de vaccination ».

Selon le Docteur Kaya, « tous les 3 vaccins sont homologués (autorisés) par l’OMS ».

« Ce sont des vaccins qui ont obtenus l’autorisation d’utilisation d’urgence et comme nous sommes dans une pandémie, il faut urgemment donner une autorisation pour que ces vaccins soient administrés », a-t-il soutenu.

 « Parmi ces trois vaccins, il n’y a aucun qui soit plus efficace que l’autre. La seule différence, c’est au niveau de l’administration des deux vaccins  pour le Sinopharm et l’Astrezeneca pour donner une efficacité. Et une seule dose pour ce qui est du vaccin Johnson & Johnson. Et là, la personne est complément  protégée».

Interrogé sur l’apport de son organisation dans les campagnes de vaccination au Niger, Dr Kaya affirme que « l’OMS n’apporte pas des doses. Il est un organe technique des Etats, et il a mis en place un mécanisme qu’on appelle facilité covax ».

«  Ce mécanisme, explique-t-il,  a pour but de faire en sorte que les pays en voie de développement bénéficient des doses de vaccin au même titre que les pays développés. Au sein de ce mécanisme il y a aussi les autres organisations comme l’UNICEF et Gavi Alliance qui ont pour but de faire le plaidoyer pour obtenir le vaccin à moindre à coup et que ces pays bénéficient de même dose des vaccins ».

« Le rôle de l’OMS, c’est d’abord de s’assurer que ces vaccins respectent toutes les normes requises avant d’être administrés aux personnes », a-t-il ajouté.

« L’OMS ne fait pas de don de vaccin, mais l’OMS a mis en place un mécanisme pour permettre aux pays du monde entier, notamment ceux en voie de développement, d’en bénéficier. Au Niger, l’OMS apporte un appui technique et financier pour la mise en œuvre de la vaccination contre la covid 19 », a clarifié le Docteur Kaya.

Mahamane Manzo

Le  ‘’Congrès pour la République’’ (CPR Inganci), parti du ministre de la formation professionnelle Kassoum Maman Moctar célèbre ce samedi 6 Novembre 2021 son 7ème anniversaire.

 Pas de cérémonial pour cet anniversaire qui intervient dans un contexte de deuil national suite à la mort de 69 personnes dans une attaque terroriste jeudi dernier dans la Région de Tillabéry.

C’est pourquoi, le parti a décidé de commémorer cette importante date à travers une conférence-débats au centre international de conférence Mahatma Gandhi de Niamey sur la thématique de la bonne gouvernance.

Dans son discours de lancement de l’activité, le Président Kassoum Maman Moctar a exhorté ses militants à jeter un coup d’œil rétrospectif sur l’évolution du parti et réfléchir sur son avenir.

Créé en 2014, le CPR Inganci a participé à plusieurs compétitions politiques, une participation couronnée de brillants résultats, dira Kassoum Moctar

« Ces résultats sont à mettre à votre actif », a-t-il lancé à l’endroit de ses militants, tout en saluant leurs « multiples sacrifices pour faire avancer» le parti.

Massoum Moctar a aussi salué la résilience de ses camarades politiques qui restent soudés malgré les difficultés

« Malgré l’adversité, les campagnes malsaines et injustes dont nous sommes souvent victimes, voire la stigmatisation dont nous faisons objet en raison de notre jeune âge, vous avez, chers militants et militantes, continué à nous faire confiance, à serrer vos rangs et à aller de l’avant », a-t-il déclaré.

« Je me réjouis que vous ayez compris très tôt que des adversaires politiques veulent à tout prix nous jeter aux gémonies pour des raisons que nous ignorons », a-t-il  poursuivi.

« C’est avec fierté que je voyais beaucoup de militants, juste après les élections générales de 2020-2021, prendre encore le flambeau pour poursuivre l’œuvre de construction et d’assise de notre parti », s’est-il réjoui.

« Nous sommes en train de réussir notre pari. Nous sommes sur la bonne voie. Je vous exhorte à travailler sans relâche, comme vous l’avez toujours fait, en vue de faire triompher les idéaux et valeurs de notre parti qui se veut un parti de masse », a fait prévaloir le Président Moctar.

Hommage rendu à Issoufou et Bazoum

Dans ce discours de lancement, le Président du CPR Inganci a rendu un hommage à l’ancien Président de la République Issoufou Mahamadou.

« Nous avons pu ainsi  participer à la gestion  du pouvoir  politique aux côtés du Président Issoufou Mahamadou  à qui je rends ici  un vibrant  hommage  pour son leadership  éclairé, ses multiples efforts  en faveur  des populations  laborieuses et surtout  le bel exemple  de passation  de pouvoir par alternance, qu’il  a fait le 02 avril dernier ».

A propos de l’actuel Chef de l’Etat du Niger Mohamed Bazoum, Kassoum Moctar rappelle que son parti  a pris la résolution  de soutenir, dès le premier tour de la présidentielle de 2020-2021, sa candidature. Et « Aujourd’hui, à l’épreuve des faits, je relève, avec fierté, que nous ne nous sommes pas trompés dans notre choix », a-t-il souligné.

 « Sa droiture, son patriotisme, son intégrité, son  engagement  en faveur  du renforcement  de la démocratie  et de l’Etat de droit,  de la justice, de la liberté , du bien-être  de tous  les nigériens, en font  un leader exceptionnel  qui mérite,  au-delà de toutes  nos différence et de nos divergence, d’être soutenu et encouragé devant les multiples  et nombreux défis auxquels fait face notre pays »,  laissé entendre Kassom Moctar.

Le ‘’Congrès pour la République’’ est membre de la majorité présidentielle. Il compte huit (8) députés à l’Assemblée nationale, et constitue de ce fait la 4ème  force politique de la majorité.

 Mahamane Manzo

Suite à la disparition de 69 personnes dans une attaque terroriste, à  Banibangou (Région de Tillabéri), le jeudi 4 novembre 2021, le parti ‘’Congrès Pour la République’’ de Kassoum Maman Moctar exprime sa compassion.

Dans un discours qu’il a lu lors de la célébration du 7ème anniversaire de son parti, Kassoum Moctar a indiqué que «  Je profite de cette occasion solennelle pour exprimer à nouveau  ma compassion, ma solidarité  et mes sincères condoléances aux populations  de Banibangou endeuillé par la lâche embuscade des groupes armées non étatiques ».

« Mon affliction s’adresse aussi  aux familles  des FDS  qui sont  tombés  sur le champ d’honneur  à Dagney dans l’Anzourou, suite à l’attaque du  jeudi 04 novembre 2021 », a-t-il ajouté.

« Face à ces épreuves, nous avons développé une grande capacité de résilience et notre armée s’est aguerrie. Je demeure convaincu que quel que soit le temps que ça prendra, notre pays triomphera de la guerre contre la barbarie  des groupes armés terroristes, sans foi, ni loi », a conclu le ministre Kassoum Moctar.

Dans les heures qui ont suivi cette célébration, note-t-on, une délégation du parti Inganci conduite par son président a remis un don de vivres au Gouvernorat de la Région de Tillabéry, au profit des populations de la Régions, qui connaissent depuis des années des attaques terroristes. Ces attaques, souligne-t-on, perturbent les activités économiques, et principalement l’agriculture.

Mahamane Manzo

C’est au marché de Boukoki qu’est déchargé l’important stock de canne à sucre qui rentre quotidiennement dans la capitale. Malgré l’absence des statistiques, 15 à 25 camions, de  dix à trente tonnes chacun, déversent par jour leurs cargaisons entières, soit entre 200 et 300 fagots de canne à sucre par camion.

Nonobstant ce tonnage, l’offre est loin de satisfaire la demande des Niaméens, gros consommateurs de canne à sucre. Comme en témoignent l’absence de stocks sous les hangars, la rapidité des transactions, l’essor considérable de la consommation, les chiffres d’affaires des grossistes et des fournisseurs, la foule d’attente des détaillants… 

Sous son apparente désorganisation et l’oisiveté, par moments, le marché de la canne à sucre de Boukoki est structuré selon des critères très précis. C’est là l’unique point de vente et de distribution en gros de ce produit à Niamey, même si une partie du stock ira satisfaire les besoins des populations de Tillabéri et du Zarmaganda.

Comme dans toute filière qui se respecte, les acteurs engagés dans le marché sont nombreux et leurs activités hiérarchisées : à la tête des réseaux d’approvisionnement se trouvent une foule de producteurs du nord du département de Gaya et le sud du département de Doutchi  région de Dosso. Ces derniers entretiennent des relations d’affaires avec les fournisseurs de la capitale, qui se rendent aux champs ou dans des centres de collecte pour acheter la canne à sucre et la convoyer jusque dans la capitale.

 C’est l’affaire du fournisseur que de remplir les camions que les grossistes de la capitale convoieront au marché de Boukoki. Si la canne à sucre est achetée sur pied, le paysan reçoit une avance et doit attendre l’écoulement de la production entière avant de rentrer dans ses droits. Ce qui peut durer des semaines. De plus, le producteur n’est pas certain de recevoir le solde de l’avance en raison de la fluctuation des cours dans la capitale. A ce niveau, il importe de signaler que ni les fournisseurs, encore moins les agriculteurs, ne possèdent de véhicules de transport propres. Les uns parce que cet investissement est tout simplement hors de la portée de leur bourse. Les autres parce que la canne à sucre ne rapporte que durant une période courte de l’année, alors que les camions ont besoin de tourner toute l’année pour assurer leur amortissement.

Cependant, il est fréquent que certains producteurs se regroupent pour acheminer directement, et de manière circonstancielle, leur production dans la capitale. Ainsi, des transporteurs assurent ainsi l’acheminement de la canne à sucre au marché de Boukoki, à charge pour les fournisseurs et les grossistes de fixer les prix des chargements. Et la canne à sucre restera sur les camions tant qu’un accord n’a pas été trouvé entre les deux parties. En cas d’accord, les détaillants, qui n’attendent que cela, montent à l’assaut des chargements pour se réserver les meilleurs fagots. Une fois débarqués, les fagots sont payés rubis sur l’ongle avant d’être transportés sous des hangars où ils sont alors débités en tiges d’une vingtaine de centimètres. Ils sont ensuite arrangés avec soin par les détaillants sur les brouettes, par les détaillants qui partiront alors à la conquête de la ville. Cette organisation hyper hiérarchisée fait qu’il ne reste quasiment jamais de stocks de canne à sucre sous les hangars, après le coup des 9 heures du matin.  

Le marché de la canne à sucre semble alors dominer par des grossistes, des fournisseurs et des détaillants originaires de la zone de production de Gaya – Doutchi, selon une forme intéressante de réseau fondé sur l’appartenance régionale ou la proximité lignagère. Il n’en demeure pas moins que même si la cooptation à l’intérieur du réseau se fait par l’intermédiaire de l’origine régionale, les relations d’affaires prédominent.

Est-ce en raison de l’éloignement ou de l’intensivité de la demande locale, la canne à sucre produite dans la région des 3 M (Zinder) n’inonde plus le marché de Boukoki ? « Non » rétorqua Abdou Ali, grossiste de la canne, « il s’agit d’une stratégie de régulation du marché de la canne à sucre, car, si toutefois le marché est saturé, nous risquons enregistrer une baise de prix de vente de ce produit ».

Cela signifie que « l’approvisionnement du marché de Boukoki en canne à sucre est progressif » a-t-il  affirmé.

Achetée au producteur à un prix plancher de 500 CFA le fagot, elle peut être vendue jusqu’à 10.000 CFA le fagot en cas de pénurie à Niamey. Le coût moyen oscille toutefois entre 5000 et 7000 CFA pour un fagot de 20 tiges. A partir de ces données, on peut estimer le bénéfice généré par un camion de 250 fagots à environ 300 000 CFA. La différence de prix entre le prix d’achat au producteur et les prix de vente s’explique par le grand nombre d’intermédiaires participant à ce circuit commercial. Les vendeurs de rue achètent les tiges de 400 à 700 CFA, les débitent en 8 ou 10 morceaux qu’ils revendent de 25 à 50 CFA, ce qui leur laisse un bénéfice de 125 à 200 CFA par tige.

Du producteur au consommateur, le prix de la canne à sucre est alors multiplié par vingt : vingt tiges pour 400 CFA au lieu d’exploitation, une tige pour 400 CFA en ville de Niamey. Mentionnons encore que les manutentionnaires gagnent quant à eux 50 CFA par fagot déchargé.

Alhadji Amadou Abdou

C’est bien connu : la canne à sucre donne du….sucre, mais aussi des déchets. Avec 15 à 25 camions de canne à sucre qui rentrent quotidiennement dans la capitale, Niamey croule littéralement sous les déchets (pas uniquement de canne à sucre). « Plus de 18 mètres cubes d’ordures sont générés quotidiennement par la canne à sucre rien qu’au niveau du seul marché de Boukoki I qui constitue l’épicentre de diffusion de cette denrée », pointe Moussa Garba, Directeur de l’hygiène et assainissement de la ville de Niamey.

Montagnes de déchets qui doivent empêcher à maints responsables municipaux de trouver le sommeil, si on les compare aux déchets générés par les 200 000 tonnes annuelles de canne à sucre produites et consommée directement par les Nigériens. Et ce ne sont pas les timides mesures prises par la municipalité pour sensibiliser les vendeurs et les consommateurs qui changeront quelque chose. Souvent déversées dans la nature. L’abondance et la forte charge polluante des vinasses posent des problèmes environnementaux dantesques.

La gestion de ces déchets s’avère d’autant plus compliquée que chaque catégorie de déchets nécessite son traitement propre et que le pays ne dispose pas de centres de retraitement spécialisés de déchets.

Que faire alors ?

Chaque tas d’ordures est une mine d’or pour ceux qui savent se donner la peine. En effet, les résidus de la canne à sucre, comme la mélasse et bagasse constituent des déchets organiques qui, sous d’autres cieux, font l’objet d’une valorisation énergétique. Par exemple, la mélasse, résidu liquide obtenu après extraction du sucre du jus de la canne, est fermentée et distillée pour produire des produits pharmaceutiques ou de l’éthanol, qui mélangé à l’essence donne un biocarburant. Quant à la bagasse, c’est-à-dire  le résidu fibreux de la canne à sucre une fois le jus extrait,  sa valorisation est multiple. Elle peut être brûlée pour fournir de l’électricité, recyclée en récipients alimentaires ou en matériaux de construction. C'est aussi une matière première de substitution à la pâte à papier issue de la fibre de bois. Il faut 100 tonnes de bagasse pour produire une tonne de papier contre 4 tonnes de bois (2 tonnes de bois sec) pour fabriquer une tonne de pâte à papier. De plus, biodégradable et recyclable à 100%, la canne à sucre est une matière première qui se renouvelle plus vite que la forêt. Pour la petite histoire, il convient de souligner qu’une tonne de canne à sucre donne 100 à 150 kg de sucre ou 100 litres d’éthanol carburant, 310 kg de bagasse (résidu fibreux de l’après broyage à l’usine) fournissant 130 kWh d’électricité.

Comme pour apporter de l’eau au moulin de la future industrie sucrière que l’Etat tente à nouveau de mettre en marche, la transformation de la bagasse et autres résidus issus de la canne à sucre pourrait augmenter la part de l’offre des énergies renouvelables dans la politique de mix énergétique mise sur pied. De surcroit, il s’agit-là d’une initiative en cohérence avec la politique nationale de valorisation des produits dérivés de l’agriculture qui présente un double enjeu : fournir davantage d’électricité au pays et mettre à la disposition des agriculteurs des engrais de bonne qualité, tout en contribuant à la protection de l’environnement. Décidément la canne à sucre est un véritable trésor vert qui n’a pas fini de révéler ses atouts.

Alhadji Amadou Abdou

La canne à sucre étant une plante cultivée, depuis des siècles, les principaux pays producteurs de canne à sucre étaient le Brésil, l'Inde , Cuba, la Chine, la Thaïlande , le Pakistan le Mexique, la Colombie ,l'Australie ,les États-Unis et les Philippines.

Selon Monsieur Yacouba Idé, directeur des filières à la direction générale de l’agriculture du Niger,  « après un travail de recherche à la station expérimentale sur site de Tillakaina dans la région de Tillabéri, l’INRAN a recommandé les variétés de canne à sucre à  cultiver au Niger dans deux catégories la variété industrielle et la variété de bouche ».

Cultivée depuis l’antiquité pour « ses tiges fantastiques qui produisait une sorte de miel sans l’aide d’aucune abeille », la canne à sucre, dans notre pays, n’a toujours pas eu l’attention qui est la sienne. Nonobstant l’importance de la production, aucune entreprise digne de ce nom n’est venue transformer et valoriser une production qui, faute de mieux, est  consommée directement comme canne de bouche.

Il n’en fut toujours ainsi. Au-delà de la consommation de ces fibres fraîches gorgées de suc, il existait, jadis, des mini industries traditionnelles de production du jus de la canne à sucre communément appelé « Madi » en langue haoussa, notamment au Nord Nigeria. Comme son nom l'indique, ce produit vient de la canne à sucre qui est introduite dans un moulin dont les engrenages sont tournés par des chevaux suivant une aire circulaire, à l’issue de laquelle  est extrait le jus de canne, appelé « Madi ». Ce jus à la saveur très sucré proche du miel une fois bouilli à haute température est ensuite transvasé dans des touques métallique de vingt (20) litres de contenance, scellés puis largement exportée dans les pays voisins du Nigeria, particulièrement au Niger où cet aliment riche en vitamines, parmi lesquelles le phosphore, le magnésium, le calcium, le fer, la vitamine PP, la vitamine B2, le cuivre et la vitamine B1, est utilisé dans diverses spécialités gastronomiques surtout pendant le mois de ramadan.

En plus de donner une saveur unique aux desserts et à d'autres denrées, cet aliment est bénéfique pour la santé. Toutes les propriétés du miel de canne à sucre proviennent du fait que cet aliment est obtenu après avoir éliminé toutes les impuretés du jus de la canne à sucre.

Autre dérivé de canne à sucre qui résiste encore à l’épreuve du temps : le « Mazzarkola » une sorte de caramel ou de tablette de chocolat, obtenue après une longue cuisson du jus extrait de la canne à sucre. « Mazzarkola » produite et  recueillie par les exploitants après une longue cuisson de jus de la canne à sucre dans des vases destinés à cette fin. Malgré l’introduction des confiseries modernes, cette douceur de couleur brune très  prisée des consommateurs, notamment des enfants, sur les marchés ruraux  du Niger et du Nigeria, reste encore très demandée.

Alhadji Amadou Abdou

 

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